« Le Vray Mistère de la Passion »

Description du projet

Initiative

Les Petits Concerts Broyards (LPCB) organisent chaque premier jeudi du mois un concert dans la région de la Broye. Il se trouve que concert d’avril 2026 tombe sur le jeudi saint, ce qui donne un cadre assez concret pour la programmation. De plus, un vœu sous-jacent depuis longtemps est celui de renouer avec la tradition romande – largement développée par le théâtre du Jorat – des cantates pour petits effectifs. 

C’est dans cette optique que la commission artistique des LPCB a approché Grégoire May, chanteur, chef de chœur et compositeur habitué de la série de concerts broyarde, pour lui commander la composition d’une passion. La commande était associée de deux contraintes principales : l’œuvre devrait suffire pour un concert d’une heure minimum, l’effectif instrumental et vocal serait restreint et inhabituel (pour des raisons de place, budget et de disponibilité des musiciens). 

C’est en connaissance de cause que Grégoire May a accepté le défi.

Développement de l’idée première

Lorsqu’en 1921, Arthur Honegger reçoit la commande du Roi David pour le théâtre du Jorat, il doit écrire pour un instrumentarium très particulier, imposé par les moyens locaux (petit ensemble mêlant cordes, vents, harmonium, piano, percussions, etc). Honegger s’en inquiète et en parle à Igor Stravinsky. 

Selon Honegger lui-même, Stravinsky lui conseilla de composer comme s’il avait lui-même choisi l’instrumentation imposée.

En ce qui nous concerne, sans vouloir prétendre à l’égalité de capacité, ce sont les mêmes principes qui sous-tendent cette production : 

1. Pour ce qui est du lieu de concert : il serait impensable de faire une œuvre à caractère religieux inscrit dans une période liturgique précise dans une salle profane. De plus, l’orgue étant important pour l’œuvre, il nous fallait un lieu où la distance entre l’orgue et le chœur ne serait pas trop grande. C’est sur l’église de Ressudens que s’est porté notre choix. 

2. Pour ce qui est de l’effectif, hormis la petite taille de l’église, ce sont les moyens financiers restreints des LPCB qui sont contraignants. L’effectif est donc grandement lié à des liens d’amitiés, de musiciens acceptant de participer au projet tout en mettant une partie de leur cachet comme « garantie de déficit » pour LPCB. 

Pour ce concert, nous pouvons compter sur la participation de

NN – Orgue

Jacques Tchamkerten – Ondes martenot

Janique Cheseaux – Bugle

Christiane Haymoz – Cervelas

Jean-Yves Haymoz – Cervelas

NN – Cervelas

NN – Cervelas

NN – Percussion —> demander via Olivia Peccoud  à son frère Nicolas Curti

Piano – Olivia Peccoud

Ainsi, nous voulons créer une passion qui s’intègre à la fois à la tradition des passions baroques (principalement celles de Bach), à la tradition des mystères moyenâgeux et à la tradition des cantates/jeux musicaux typiquement romands (par exemple, le Roi David ou Saint-Nicolas de Flue d’Honegger ou encore aux Les noces de Stravinsky) 

L’œuvre 

par Grégoire May

Pour composer la passion qui m’a été commandée, j’ai tout d’abord cherché un texte adapté. 

Or, divers chemins m’ont amené au poème d’Arnoul Gréban Le vray Mistère de la Passion. C’est donc sur ce texte que j’ai décidé de composer.

Long de quelques 35’000 vers, il retrace la vie et l’influence de Jésus depuis sa naissance jusqu’à sa mort et au-delà. Pour ma composition, je me suis basé sur l’édition Hachette de 1921 qui est déjà elle-même une sélection de quelques 5’000 vers, et parmi laquelle j’ai fait une sélection d’environs 1300 vers à mettre en musique. Cette sélection s’appuie sur la structure dramatique de la Passion selon St-Jean de Bach. 

De par ces coupes et par souci d’économie de moyens (pour éviter d’avoir des dizaines de petits rôles), il m’a parfois été nécessaire de faire quelques adaptations, en usant principalement du rôle du « meneur de jeu » que Gréban utilise, à l’instar de l’évangéliste chez Bach, pour mener le public à travers l’histoire, en lui faisant dire des didascalies – en l’occurrence les seules phrases non versifiées. 

L’œuvre étant originellement une pièce de théâtre, tous les textes parlés sont attribués à des rôles. Comme dit précédemment, pour éviter d’avoir des dizaines de rôles et être contraint d’avoir des dizaines de solistes ou différents rôles chantés par les mêmes solistes, je me suis permis de regrouper quelques petits rôles en un, d’attribuer quelques paroles à l’un ou l’autre rôle, et ainsi de suite. Il en résulte une division en 9 rôles principaux chantés par des solistes formés, 7 petits rôles qui peuvent être chantés par des choristes, et 5 rôles importants mais n’intervenant qu’une seule fois, que j’ai attribué au chœur à l’unisson – telle une voix prophétique. Les rôles d’ensemble (les âmes, les diables, etc) ont naturellement été attribués au chœur. 

Ma sélection se divise en un prologue, huit tableaux et un « prologue final ». 

Pour ce qui est de l’esthétique musicale, mes sources d’inspiration sont principalement dans la musique française du 20e siècle pour ce qui est des éléments mélodiques et harmoniques, et dans la musique d’oratorio allemande – baroque jusqu’à romantique – pour la forme. 

Il n’en résulte aucune musique nouvelle au sens de ce qui a déjà été fait et entendu, mais c’est une musique qui me plaît et à laquelle je m’identifie – en cela elle est authentique et cohérente, deux paramètres qui me sont importants. 

L’œuvre finale devrait durer aux alentours de 70-80 min. 

L’ensemble vocal les Œdicnèmes

Créé en 2024 sous le nom d’Ensemble Vocal Kaupert, notre ensemble a pour but de renforcer la tradition chorale romande des chœurs semi-professionnels. 

En effet, la Suisse romande a une grande et large tradition chorale qui n’a longtemps pas connu de distinction entre chanteurs professionnels et amateurs – on pensera à tous les chœurs tels que le Chant Sacré de Genève, ou Pro Arte à Lausanne qui étaient les ensembles appelés par Ernest Ansermet et l’Orchestre de la Suisse Romande pour effectuer leurs projets d’oratorio. 

Avec la professionnalisation de l’Ensemble Vocal de Lausanne, c’est un des derniers grands ensembles semi-professionnels de haut niveau qui a fermé ses portes à toutes les chanteuses et chanteurs n’ayant pas de diplôme de chant, mais une expertise parfois supérieure.

Avec notre ensemble les Œdicnèmes*  nous voulons offrir à toutes ces personnes la possibilité de travailler dans des conditions professionnelles quant au niveau d’attente et de préparation musicale, tout en gardant une atmosphère propre aux ensembles d’amateurs dans le bon sens du terme. 

*le nom « Les Œudicnèmes » fait référence à l’oiseau du même nom, connu pour son chant puissant. Si le nom « Ensemble Vocal Kaupert » nous plaisait, nous avons été presque contraint de le changer au vu de la non-réception du nom. La référence à Jean-Bernard Kaupert, « père du chant choral romand » n’a jamais été comprise, et le problème de prononciation du nom était une barrière inutile. 

Lieu / adresse :

à 19h00

Église réformée Notre-Dame de Ressudens

1543 Grandcour